Le PLR, l’UDC et les Vert’libéraux ont décidé, par quatre modifications législatives contenues dans deux textes soumis à référendum, de supprimer la référence à la CCT Santé 21 pour Nomad, le CNP, HNE et les homes médicalisés. L’objectif est simple : l’obligation d’avoir deux CCT, l’une pour les soignants, l’autre pour les non-soignants, plutôt qu’une CCT de branche, va péjorer les conditions de travail, notamment pour le personnel non soignant.

Cette décision est choquante à plus d’un titre et contraire au bon sens.

En effet, la CCT Santé 21 serait prétendument trop chère, trop rigide et trop lourde pour les employeurs. Elle ne permettait pas d’être concurrentiel et constituerait une des raisons des surcoûts de la santé à Neuchâtel. C’est pourquoi une motion demandant d’étudier ces coûts a été déposée et acceptée par le Grand Conseil, forçant le Conseil d’Etat à analyser la question avec sérieux.

Or, avant même que les résultats de l’étude ne soient connus, le PLR a jugé bon de déposer des projets de loi supprimant toute référence à la CCT Santé 21, devenue l’ennemi à abattre. Que n’a-t-on pas entendu ! À écouter les discours au vitriol, on en venait à penser que la CCT était tellement à gauche, tellement protectrice pour les employés, qu’elle constituait notre problème n° 1 en matière de santé. Quel que fût le sujet traité au Parlement, on entendait que cette CCT devait être détruite, comme Caton l’Ancien terminait ses discours par Cartago delenda est.

Pourtant, le résultat de l’étude extrêmement sérieuse de l’IDHEAP ne laisse subsister aucun doute : non, la CCT Santé 21 n’est pas un texte marxiste qui octroie des avantages indus aux employés ;, non la CCT Santé 21 n’est pas d’une telle générosité qu’elle mène l’État à la banqueroute ; non, même en tenant compte des avantages non salariaux, la CCT Santé 21 n’est pas en moyenne au-dessus de ce que proposent nos voisins.

Ce constat vaut d’autant plus pour la nouvelle mouture de la CCT Santé 21, signée en 2016, encore plus restrictive pour les employés que le texte analysé par l’IDHEAP.

Mais plutôt que d’admettre les résultats d’une étude neutre, non orientée politiquement, les représentants de la droite, pétris de leurs certitudes idéologiques, ont préféré critiquer l’étude et faire passer leurs projets de loi en force.

Pourtant, la CCT Santé 21 présente énormément d’avantages. Elle permet en particulier d’éviter le dumping salarial. À ce sujet, on peut s’interroger sur un parti qui entend déposer une initiative intitulée « Les nôtres d’abord » et qui accepte de ruiner l’outil le plus efficace pour éviter le dumping à l’égard des résidents.

Ne laissons pas la droite détruire les conditions de travail de milliers de personnes et montrer un mépris indigne envers ceux qui s’occupent de nous quand notre santé chancelle. Il faut signer et faire signer les référendums sans retenue ! 

11. avr 2017